09 octobre 2006
Las islas flotantes de los Uros
J'y pose le pied et m'enfonce doucement en faisant craquer le totora. L'isla Santa Maria ou plutot le confetti d'ile appartient aux dizaines d'ile flottantes d'Uros, au large de Puno. 30 minutes de bateau pour encore une fois reviser mes anciens cours d'histoire. C'est certainement pour fuir l'envahisseur Inca que les Uros ont decide de vivre sur ces iles flottantes uniques au monde. Elles sont composees d'un empilement de totora, une variete de roseau local. Des que l'ile s'enfonce un peu trop a cause du vieillissement du roseau, une nouvelle couche est rajoutee au-dessus. Les maisons, ou plutot les huttes, sont confectionnees avec le meme materiau.
A peine les pieds poses sur l'ile, les femmes hautes en couleurs viennent m'accueillir pour me proposer toute sorte de souvenirs. Quelques communautes de pecheurs subsistent encore mais la plus grande partie vit grace au tourisme. S'il n'y avait que la peche, ils auraient deja rejoint les bidonvilles de Lima. Les Aymaras ont peu a peu absorbe le peuple Uros, la derniere representante est morte dans les annees 50. Je marche sur un matelas, chaque pas s'enfoncant en douceur faisant parfois remonter l'eau jusqu'a mes semelles. Cette ile d'environ 100 metres de diametre, abrite quelques familles dans un confort precaire, l'electricite leur est quand meme fournie par un panneau solaire. Mes yeux sont comme dans un reportage d'Arte, j'ai un peu de mal a realiser que je suis la. Apres avoir fait le tour et discute avec les femmes, Olga m'ayant, a ma grande surprise, prononce quelques phrases en francais, apprises par les touristes. Je reprend le bateau pour une ile proche plus grande, plus confortable, une mini-superette, une ecole, une eglise... Ce peuple malgre sa marginalite, a joliment integre au sein de sa communaute quelques institutions terrestres. 11 heures, les groupes de touristes prennent pied sur les iles tels des conquistadors, il est temps pour moi de rejoindre la terre ferme.
Aujourd'hui, me voici a Copacabana, pas la celebre plage carioca, mais un petit village bolivien toujours sur le lac Titicaca. Bonne semaine a vous. Des photos des iles Uros a droite.
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08 octobre 2006
Puno
Je ne sais pas si cela s'appelle chance, mais je tombe toujours au bon moment, au bon endroit, car c'est un apres-midi tres colore, rythme et musical que m'ont offert les eleves d'une ecole primaire de Puno.
Les rives du lac Titicaca m'ayant reservees une belle promenade ce vendredi matin. Je la poursuis dans les allees du marche proche, avec toujours autant de plaisir, lieu dans chaque ville que j'apprecie particulierement, vitrine pour moi de la vraie vie du pays. Je ne rate pas une occasion pour tenter de discuter avec un commercant. Quel est ce legume ? Quel est ce poisson ? Et ils me le rendent bien. Ces echanges parfois tres courts, ou juste un sourire, sont pour moi d'une richesse profonde. La ville a d'autres tresors caches, la rue en pente qui descend vers le lac, me remonte a la Plaza de Armas, centre historique et nevralgique de chaque ville sud-americaine. Le froid glacial de ce matin a vite fait place aux rayons mordants du soleil, nous sommes quand meme a 3800 metres d'altitude. Un tricyclista m'interpelle pour me proposer de me vehiculer, je decline l'offre, n'echangerais pour rien au monde ce plaisir de marcher ici, de marcher tout court, Je veux etre au maximum an contact avec tout ce qui m'entoure. Pouvoir etre libre de m'arreter, de rentrer dans une cours, de tourner dans une ruelle qui m'attire, de croiser les habitants, et je le fais bien. C'est comme cela que les surprises s'offrent a moi.
Lorsque derriere les murs peints aux couleurs d'une biere locale, une ambiance festive et un peu de curiosite m'invitent a franchir la lourde porte metallique. Me voici dans une cours d'ecole bondee. De la musique, les enfants en habits traditionnels tres colores, leurs parents s'occupant de faire les dernieres retouches aux costumes, les derniers raccords de maquillage, filmant, prenant des photos, une etincelle de fierte habitant leurs yeux. Dans un coin, les musiciens de fanfares astiquent avec precaution leurs cuivres, accordent leurs instruments. Les enfants pousses par leurs parents, posent devant mon objectif. Le spectacle s'est renverse et c'est moi qui fait un peu l'attraction. Je n'aurais pas le temps de manger, je crois, j'avale 2 sandwichs au stand achalande par les nombreux enfants venus acheter sodas et bonbons. 13 heures, le cortege se met en place et sort dans la rue, la foule est agglutinee sur les trottoirs... une parade pour le 75eme anniversaire de l'ecole "Miguel Grau". Une vingtaine de classes se suivent, une trentaine d'eleves a chaque fois, separees par une fanfare, chacune dans un costume different, executant une danse traditionelle differente. Il y a du travail derriere tout ca et chaque enfant donne son maximum pour que cette journee soit une reussite. La parade durera 3 heures avec pour point d'orgue, un passage devant la cathedrale de la Plaza de Armas. Une tribune s'est organisee sur les marches, tel un jury pour designer un vainqueur. Malgre la fatigue, chacun joue son role a la perfection pour le plus grand plaisir du public. Temoins de la scene, les confettis et les restes de petards sur les paves, continueront de donner un air de fete a la ville, apres le passage du cortege, avant d'etre nettoyes durant la nuit. Votre seul temoin sont les photos a droite.
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07 octobre 2006
Une histoire de bateau qui va plaire a mon pere
C'est ce matin, vendredi, de bonne heure que je suis arrive a Puno sur les rives du lac Titicaca. Je me suis rapidement rendu sur les berges pour m'y promener... Un peu a l'ecart de la ville, un bateau, une belle surprise. L'histoire du Yavari est fascinante, construit initialement comme canonier, il devient tour a tour cargo puis bateau de croisiere.
Avec son sister-ship, il fut commande par le gouvernement peruvien en 1861 a 2 societes anglaises. Le contrat etait clair, les 2 bateaux a vapeur devaient etre achemines en pieces detachees jusqu'au lac Titicaca et aucune caisse de devait depasser les 120 kilogrammes. Il en faudra 2766 !!! Un an plus tard, les 2 bateaux sont transportes en pieces detachees sur le Mayola et arrivent quelques mois plus tard au port de Arica (port peruvien conquis par le Chili lors de la guerre du Pacifique), Ensuite les caisses ont voyage en train jusqu'a la ville de Tacna. Le plus dur alors fut de transporter toutes ces pieces a dos de mulets jusqu'a l'altiplano a 3800 metres d'altitude... L'objectif fut atteint mais seulement apres 6 longues annees !!
Reassemble, le Yavari est mis a l'eau dans les eaux du lac le jour de noel 1870 et navigue pour la premiere fois en avril 1871. Le bateau mesurait alors 38,50 metres de long et 5,20 de large avec une moyenne de 3 metres de tirant d'eau. Sa chaudiere donnait une puissance de 60 chevaux. Il utilisait la bouse seche de lama pour alimenter sa chaudiere, ce qui obligea a le rallonger de 10 metres afin d'avoir la place necessaire afin de loger le combustible (presque toute la cale servait a cet usage).
En 1897 l'association Yavari achete le bateau le sauvant ainsi d'une mort certaine. Le 9 decembre 1999 apres presque 40 ans le Yavari a orgueilleusement renavigue avec sa propre propulsion dans la baie de Puno. Pour en savoir plus sur cette belle histoire, 2 sites, http://www.yavari.org et http://proyectoyavari.perucultural.org.pe/ et aussi des photos a droite.
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05 octobre 2006
Machu Picchu
J'ai longtemps attendu ce moment, 6 heures du matin, il se fait encore attendre. Je suis perche aux premieres loges proche de la cabane du gardien de la roche funeraire, apres avoir quitte 1 heure 30 plus tot Aguas Calientes dans la vallee pour gravir les centaines de marches qui menent au site. Une facon de meriter ce spectacle qui se fait attendre. Un epais brouillard jouant le role du rideau de theatre. Une pluie fine commence a tomber, mais peu importe, je suis heureux d'etre la, meme si je n'ai encore rien vu, cela ne devrait pas tarder.
C'est la veille que j'ai quitte Cuzco aux premieres lueurs du jour, 4 heures de train a serpenter de vallees en vallees, a longer le Rio Urubamba chahute par les enormes rochers qui encombrent son lit. Les massives montagnes nous surplombant creant un etroit couloir dans lequel nous nous faufilons. Un paysage de toute beaute que je bois des yeux par la fenetre du wagon. 4 heures trop courtes pour arriver au village d'Aguas Calientes, enclave par d'abruptes montagnes et une dense foret. Et comme je suis toujours chanceux, c'est un jour special aujourd'hui. Le village et ses habitants sont sur leur 31 pour feter le 65eme anniversaire de la creation du canton du Machu Picchu. Au Perou, la moindre excuse est bonne pour faire la fete, parader et encore une fois je ne vais pas etre decu. A peine le temps de m'installer dans ma chambre d'hotel, sur la petite place proche, les festivites commencent rythmees par les flons-flons de la fanfare, discours, lever des drapeaux et puis ce que je prefere.... les defiles. Et attention, ici, c'est du serieux. Cela commence avec les eleves des ecoles en uniforme, du primaire au college, le pas et l'ordre militaire de rigueur, cela continue par les politiciens en rythme, ou presque... plus tous les corps de metiers du village, l'un apres l'autre, sans oublier les religieux, les dieux incas... Certains passent 2 fois, 3 fois, je ne sais pas pourquoi. Le principal etant de parader au son de la fanfare pour faire rever la foule enthousiaste et compacte qui s'est massee, moi je m'amuse. Lorsque, la nuit venue, un podium est installe, sponsorise par la biere locale "Cusquena", les groupes se succedent, l'ambiance est tres dansante, festive, tres alcoolisee pour la plupart des peruviens, les decibels a leur maximum. Je ne dormirais pas beaucoup, ce n'est pas grave, je baigne dans le jus et ca j'adore...
La fine pluie n'aura pas dure longtemps, une trouee de ciel bleu un peu a gauche, une legere brise dechire ca et la les nuages qui glissent en de cotonneux filaments vers la vallee. Je ne pouvais rever plus belle mise en scene, le rideau est leve. Le Machu Picchu (litteralement "vieille montagne") comme desireux de ne pas se livrer facilement, s'est decouvert a moi petit a petit. Les nuages ont fait place au soleil faisant eclater le vert de la vegetation et par le jeu d'ombres et lumiere les impressionnantes ruines. De part et d'autres, d'abruptes falaises tombant dans la vallee. C'est a ce moment que je me rend compte du nid d'aigle sur lequel il a ete construit et de la pugnacite autant que de la technicite des constructeurs. J'y passe une bonne partie de la journee a imaginer la vie a cette epoque, a essayer de me rememorer mes trop anciens cours d'histoire, flaner entre le Temple Principal et le Palais Royal, entre le secteur residentiel et le Temple du Soleil, gravir, descendre les nombreuses marches. Je reste admiratif devant ces pierres de plusieurs tonnes, ajustees au millimetre, formant des murs autants parfaits qu'esthetiques, et me posant bien des questions sur les modes de constructions. Oui j'arrive a me rendre compte que je suis la au Machu Picchu, l'ayant reve de nombreuses fois, jamais comme il est vraiment. Je me rend aussi compte de la chance et de la belle vie que j'ai. Il est tellement facile pour nous vivant dans un pays riche de voyager. Le dernier coup d'oeil avant de quitter le site et redescendre a Aguas calientes, les groupes de touristes ayant envahis les ruines, sera un melange d'emotion d'y avoir ete et de questions me demandant si j'y retournerais un jour. Mais peu importe, il y a tellemnt d'autres choses a visiter a travers le monde.
Ce soir, jeudi, d'ailleurs, je quitte Cuzco pour Puno au bord du lac Titicaca (on ne rigole pas Maria !!) encore un endroit que j'ai appris a l'ecole et qui me fait rever. Pour les photos du Machu Picchu, c'est a droite. Pour votre weekend, qu'il soit aussi beau que chaque seconde que je passe a voyager.
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04 octobre 2006
Emmanuelle
Je ne pouvais rever de meilleures conditions lorsque j'ai quitte Paris au tout debut de cette annee, deja 9 mois !! Je suis parti l'esprit libre, completement deconnecte. Adieu declaration de revenus, factures, cotisations a payer... Pourquoi tant de paperasses, on vit tellement mieux sans. Mes seuls soucis, manger, trouver un toit pour dormir, visiter, profiter, rencontrer... dur, non ? J'ai laisse en Europe les contraintes qui auraient denaturees ce long voyage, qui m'auraient souvent encombrees l'esprit au lieu de le vivre pleinement. Je ne peux qu'etre extremement reconnaissant alors, un GRAND merci a ma soeur Emmanuelle qui s'est naturellement proposee pour m'enlever cette verrue et s'occuper de tous mes papiers durant cette annee. Merci a elle pour son serieux, sa disponibilite... malgre sa vie de famille, son travail, ses occupations, elle gere cela parfaitement. Je vais meme peut-etre lui demander de continuer a mon retour ;-)))
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27 septembre 2006
Chachani, 6075 metres
Je ne marche plus, je pietine. Ma bouche grande ouverte, tente de capter un maximum d'oxygene. Le sommet proche, la a 50 metres, resiste, me semble inaccessible, il ne reste pourtant qu'une legere pente, une muraille pour moi, une eternite. Chaque pause tous les 5 "pas", environ, me permet de reprendre profondement mon souffle, je me penche sur mon piolet, ferme les yeux pour m'isoler, oublier ou je suis. Je ne peux plus abdiquer... 9 heures ce 25 septembre, j'y suis 6075 metres.
Tout c'est organise tres vite ce samedi soir avec Mathias, allemand et Alexandra, tcheque. 19 heures, alors que je n'y croyais plus, nous payons notre billet d'entree a plus de 6000 metres, objectif le Chachani a 6075 metres. Une soiree pour me preparer et nous voici dimanche 8 heures, tous les 4 avec David notre guide, bardes de tout notre equipement, dans ce 4x4. 3 heures de pistes chaotiques pour nous deposer a 5000 metres. Sacs sur le dos, les premiers pas sont un preambule a ces 2 jours. Chaque geste un peu rapide, chaque enjambee trop ambitieuse est immediatement sanctionee par un profond essouflement et etourdissement. Cette punition nous met vite au diapason. tout doit etre fait tres lentement a cette altitude a cause du manque d'oxygene. Notre guide prend les devant, suivi d'Alexandra, guide de montagne en Europe de l'Est. Ils nous devancent, Mathias et moi preferons suivre le fameux adage "Chi va piano, va sano - chi va sano, va lontano". En restant a la traine, a notre rythme pour nous economiser. Nous atteignons notre camp de base a 5300 metres. Proteges derriere des rochers, du vent frais , sec et violent, nous montons nos tentes. Je m'egarre un peu, me baisse un peu trop rapidement pour planter un piquet, sanction, je reste cloue, immobile le temps de reprendre souffle et esprit. Que faire a cette altitude, lorsque nous ne pouvons rien faire ? Lorsque l'ombre de la montagne nous inonde rapidement , nous enveloppant d'un froid glacial . 16 heures nous nous couchons, chaudement enveloppes dans nos duvets, nous occupons nos tentes respectives pour commencer notre nuit. 19 heures, spaghettis, je ne peux pas rater ce diner, trop important pour le lendemain. Immobiles, assis dans la poussiere, frigorifies, nous ingurgitons notre assiette avant de retourner rapidement au chaud. Je ne ferme pas les yeux de la nuit, altitude ? froid ? Jusqu'a ce que le reveil sonne a 1 heures 30 ce lundi matin. Ahhh quelle est loin la douillette grasse matinee !! On l'a decide, il faut y aller, s'equiper dans le froid glacial, degeler l'eau de nos bouteilles pour pouvoir boire, grignoter.
2 heures 30, a la lueur de nos lampes frontales, nous commencons l'ascencion parmis un environnement mystique, les etoiles habillent le ciel sans lune de milliers de points blancs, les rochers qui nous entourent, eclaires par nos faisceaux sont comme d'etranges silhouettes fantasmagoriques, les nuages de poussieres souleves par nos pas, renforcant ce cote etrange. Un petit rythme de senateur, zigzaguant pour attenuer la pente, nous atteignons un col a 5800 metres ou nous nous equipons de nos crampons et pics a glace pour contourner un sommet. Ce passage est particulierement delicat car l'environnement est completement noir, nous ne voyons pas ce qui nous entoure et ce qui nous attends, seule la glace diffuse un peu de lumiere. En plus de marcher lentement, nous devons escalader des rochers et enjamber pratiquement a chaque pas des monticules de glace. Alexandra est a la traine, atteinte de soroche, mal des montagnes, elle ne peut continuer et doit retourner au camp de base, son reve s'arrete la. Mathias hesite a la suivre, mais decide de continuer. La fin de cette traversee nous a redescendu a 5600 metres. Le jour commence a reveler le paysage sublime dans lequel nous evoluons, melange de neige et cailloux, de sommets, de cols et de vallees. Le froid devient plus piquant, plus vif. Chaque courte pause nous refroidie rapidement, l'eau de ma gourde est un bloc de glace. Je me sens bien pour attaquer la pente caillouteuse qui nous surplombe. Lentement nous passons de lacets en lacets. peu de temps apres Mathias abandonne, il est use. Il ne reste plus que moi et David le guide. Nous continuons, les pas deviennent plus courts, les pauses plus longues et rapprochees. L'oxygene est rare. Je me retourne et je vois ce petit point noir en bas, c'est Mathias qui progresse, "Le veinard", me dis-je. J'essais d'oublier ou je suis, ce que je fais. Lorsque tout a coup, a la fin d'un lacet a 5950 metres, apparait l'objectif tant convoite, le sommet du Chachani un peu plus loin. Je vois nettement la trace de la piste a emprunter pour y arriver. Une traversee d'un champ de glace legerement en descente, puis une longue, longue, tres longue montee d'un pente caillouteuse. Je garde le moral pour la derniere ligne "droite", comme dirait mon pere. Le soleil qui a surgit d'un sommet environnant, nous rechauffe un peu. La glace de ma gourde se transforme en eau, je peux enfin boire. Je n'arrive plus a profiter du spectacle, je suis trop fatigue et je ne pense qu'a une chose, ce sommet et ces inevitables questions qui passent par ma tete, "Qu'est-ce que je fou la ?", "A quoi cela sert-il ?" A rien certainement, ou plutot a me prouver peut-etre que moi aussi j'y suis capable. Les derniers lacets avant de deboucher sur un faux plat, sont longs et harassants, les pauses deviennent plus longues que la progression. Je prends mon temps pour y arriver. La suite vous la connaissez.
Nous restons 15 minutes environ au sommet pour se restaurer et profiter de l'endroit et de la vue qu'il nous offre. L'ascension aura dure 6 heures 30. La descente sera plus rapide, 3 heures, par le meme chemin. J'y decouvre tous ces paysages car nous y sommes passes en partie de nuit. Atteindre ce sommet m'a vide de toutes mes forces. La descente se transforme en veritable calvaire, je ne suis plus lucide, mais tente de redoubler d'attention aux passages delicats. Je n'ai plus de force. Les pauses s'enchainent, se multiplient, se prolongent. Midi j'atteins le camp de base... enfin. J'y retrouve Alexandra et Mathias. Il faut encore plier les tentes, ranger l'equipement et redescendre a 5000 metres pour retrouver le 4x4. Un mal de tete me tenaille, du au changement d'altitude et de pression, je ne suis plus rien ce lundi soir en rentrant a Arequipa. C'est aujourd'hui mardi que je realise, repose, en regardant les photos, du sommet de la veille. Des francais m'ont parle d'un sommet a 6100 metres a cote de la Paz en Bolivie.... Euh non merci !!!
Demain soir je rejoins Cuzco, etape culturelle au milieu des ruines incas. Des photos du Chachani juste a droite.
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21 septembre 2006
Cañon del Colca
Je le vois tout petit en bas et a la fois tres clairement ce mince filet bleu qui serpente entre 2 parois quasi-verticales de 1000 metres de haut. Un peu plus loin ces parois s'elargissent pour epouser la forme des montagnes. Je suis tout en haut, apres quelques centaines de metres, une mise en jambe parmis les jeunes pousses de mais cultivees en terrasse, pour quitter le village de Cabanaconde. J'y croise quelques femmes habillees de vetements traditionnels richement brodes, marchant comme moi dans la poussiere de cette terre ardide. Il est 8 heures du matin et le soleil a peine voile joue deja son spectacle d'ombres et lumieres avec les montagnes et vallees a perte de vue. La vue est saisissante, autant par ce profond canyon (le deuxieme plus profond du monde) a mes pieds, que par ces sommets qui se succedent devant moi. J'en profite autant que possible avant de commencer la longue et vertigineuse descente de 1000 metres de denivele pour atteindre le fond de la faille.
2 heures a avaler ce sentier, ruban blanc parmis cactus et vegetation aride. Les lacets se succedent, certains courts, d'autres longs, pour epouser au mieux la geometrie de la pente. La descente n'en finit pas, mais est tres agreable et ce filet bleu qui tout a l'heure paraissait insignifiant, prends de la largeur, j'y distingue de mieux en mieux la vegetation qui le borde. Chaque pas me rapproche de sa fraicheur mais m'eloigne du sommet, ne pensons pas deja au retour... Chaque gorgee d'eau necessaire, reclamee par ma bouche seche, est un delice car je dois aussi m'arreter, bonne excuse pour apprecier calmement le panorama. Une pause photo et mes pas s'enchainent a nouveau, pour atteindre l'oasis verdoyant au fond du canyon. Une herbe incroyablement verte, d'abondants arbres, des fleurs par centaine, quelques habitations faites de branchages. Une piscine a meme ete construite alimentee par une cascade proche. Le lieu est surnaturel par la presence de la riviere. Je m'assois a l'ombre sur un galet pour une pause bien meritee. Chaque ebouli a pose des obstacles mais qu'importe l'eau en joue pour les sculpter a sa guise. Un pique-nique berce par le chant des rapides. Il est 10 heures - 17 heures en France, je pense a vous. La haut, le sommet d'ou je viens me nargue par sa hauteur, le retour promet d'etre dur mais en attendant je suis la.
11 heures, mon sac a dos encore mouille de sueur me glace le dos, je m'equipe pour l'ascencion. 3 heures 30 pour revenir a Cabanaconde. L'oasis s'eloigne vite pendant la premiere partie, mais que le sommet se rapproche lentement par la suite, je n'en vois pas la fin... Chaque boucle du sentier est l'occasion d'une pause. Quelques muletiers descendent avec leur chargement pour alimenter les hameaux isoles, je leur cede volentiers le passage, un pretexte pour reprendre mon souffle. C'est extenue que j'atteinds le sommet, heureux de voir les toits des maisons un peu plus loin. Il est 16 heures 30, je m'enferme dans ma chambre pour une bonne sieste.
Le lendemain 7 heures, mele a un groupe de touristes, je scrupte attentivement le ciel et le canyon ne sachant pas d'ou ils vont arriver. Nous sommes agglutines sur le mirador Cruz del Condor, appareils photos et jumelles en bandouliere. Tout est pret, mais les acteurs se font attendre. Les femmes des villages sur le parking ont inonde le sol de souvenirs. Lorsque vers 8 heures, une bande de 6 condors surgit planant, jouant avec les courants d'air ascendants en d'elegantes boucles au dessus de nos tetes. Je suis un peu loin mais ils sont majestueux. Je me regale du spectacle. Les appareils photo mitraillent, les tetes se tournent en synchro pour les observer et les suivre. Les oiseaux a peine apeures sont au rendez-vous comme tous les matins, meme heure, meme endroit. Le spectacle dure 20 minutes environ. Les courants d'air chauds moins favorables les eloignent. La foule est excitee, nous esperons un rappel. mais les condors sont deja loin. La sceance est finie, les touristes se rabattent sur les souvenirs. 6 heures de bus apres et me voici de nouveau a Arequipa pour quelques jous. Bredouille car Simon voulait une plume de condor, mais des souvenirs de ces 3 jours, au bord et dans le canyon, plein la tete. Et pour les photos il y en a juste a droite. Bon weekend a vous !
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15 septembre 2006
Nazca
Nous balayons, Frederic et moi, la surface du Perou, les yeux attentivements rives a l'ecran, les images satellites de Google Earth defilent. Nous zoomons, nous dezoomons, sans succes. Il se fait tard ce vendredi soir, nous ne trouvons rien. Nous sortons alors manger dans le centre de Paris et discuter d'Henri 4. Nombreux mois et 2/3 de tour du monde apres me voici a Nazca, pour verifier ce que nous n'avons pas reussi a voir, les fameuses lignes de Nazca.
Ce petit monomoteur me fait suer, je n'ai rien mange ce matin et heureusement. Mercedes devant et Elwynn derriere sont toutes deux blanches, un sac plastique a la main. Je suis a 2 doigts de me sentir mal, je transpire, j'inspire profondement... Nous enchainons les virages tres serres, un coup a droite, les ailes presques a la verticales, immediatement a gauche, mon appareil photo se fait tres lourd cause de l'acceleration. Apres l'astronaute, nous passons au singe, puis au chien, a l'araignee puis au condor. Les figures nettement dessinees sur le sol desertique s'enchainent rapidement. A chaque fois le pilote bascule l'avion a droite, puis a gauche pour que les personnes de chaque cote puissent en profiter. Les lignes de Nazca occupent environ 500 kilometres carres et forment un parterre d'environ 800 lignes, 300 figures, 70 animaux et plantes. Ces lignes ont ete dessinees en enlevant une fine couche (7 cm) de terre sombre laissant apparaitre dessous les pierres blanches. Nous ne survolons que les principales, une vingtaine et c'est mieux comme ca car je me sens passablemnt barbouille. 55 minutes au dessus des lignes de Nazca et de Pampa pour realiser un vieux reve, nous en prenons plein les yeux.
Plusieurs theories tentent d'expliquer ces lignes. Une mathematicienne allemande clame qu'elles ont ete dessinees entre 900 avant jc et 600 apres jc et qu'il s'agit d'un calendrier astronomique. D'autres disent qu'ils s'agit de chemins rituels connectes a des sources d'eau. L'eau a cette periode etait plus precieuse que l'or. Aujourd'hui encore l'aridite de la region est extreme. 30 minutes de tres grosses pluies suffirait a effacer a tout jamais ces lignes, mais rassurez-vous, la derniere pluie, "vraie pluie" a eu lieu il y a 120 ans, ce qui fait l'un des endroits les plus arides du globe. La prochaine fois que vous prenez une douche, pensez-y !!!
Oulala je ne suis pas Yann Arthus Bertrand, mais des photos vu du ciel sont en ligne juste a droite.
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13 septembre 2006
Paracas
Nous nous approchons des rochers en silence, le pilote reste attentif aux vagues qui peuvent a tout moment disloquer l'embarcation. Gilet de sauvetage capele nous nous rendons compte a ce moment de son utilite, double utilite d'ailleurs nous protegeant aussi des fiantes que les oiseaux se regalent a larguer sur nous. A quelques metres, une famille de lions de mer avachis sur les rochers, nous regarde d'un oeil dedaigneux, trop habitues aux allees et venues des tourristes, tandis qu'autour du bateau certains s'amusent en d'acrobatiques pirouettes a attirer les objectifs des photographes, une tete qui sort de l'eau, un bond au-dessus des vagues... je me regale.
12 heures, une nuit dans le bus, Miss Kittin et Gilles Peterson dans les oreilles, un rapide transit a Lima, un panneau Callao, je pense a mon pere venu ici 41 ans avant moi. Et me voici d'une chambre a 3100 metres d'altitude avec vue sur les montagnes a une chambre a 50 metres du Pacifique en bordure d'un parc national. 2 jours a Paracas, petit village de pecheurs, pour rassurer Maria, je prefere quand meme la mer a la montagne. Sur la plage les pelicans hardis deambulent lentement d'un pas sacade, proche des touristes, pour quemander de la nourritue. Je reste les observer, voler a ras de la surface de l'eau pour ammerir tel de gros hydravions. Une blanche jetee en bois devant l'hotel, j'avance pour embarquer sur une vedette avec un groupe d'argentins. Peu de minutes apres nous longeons une colline desertique qui tombe dans la mer, sur laquelle est dessinee une enigmatique figure de candelabre, plus d'une centaine de metres de haut. L'origine de ce dessin est encore un mystere, realise il y a des siecles, quand exactement et pour quelle raison ? Nazca n'est pas tres loin, j'y pense deja. Beaucoup plus au large, nous mettons le cap sur un chapelet d'iles blanches "Las Islas Ballestas". Ces iles interdites d'acces car elles habritent d'importantes colonies d'animaux, lions de mer, pingouins de Humboldt et des oiseaux par milliers, mouettes, cormorans, sternes... Le blanc guano a ete depose pendant des millenaires et par endroit peu depasser une couche de 50 metres. Avant l'arrivee de l'engrais chimique, ces iles ont pousse le Perou a etre le principal exportateur de guano. Aujourd'hui, c'est le paradis des animaux, interdites d'acces nous ne pouvons qu'en faire le tour en bateau. La vue est extraordinaire, les oiseaux noircissant le ciel et le sommet de l'ile tandis que les imposants lions de mer ont elu domicile sur les plages et le bas des rochers. Nous les rasons pour les admirer de pres, ils se deplacent sur le sable en de lourdes ondulations pour se mettre a l'abri des vagues et dormir au soleil. Une heure trop courte d'observation et nous rejoignons la cote a pleine vitesse, sans oublier un dernier regard au candelabre. Quelques minutes de pause sur l'agreable terrasse de l'hotel, berce par le clapotis de l'eau, avant de monter dans un minibus direction la penisule de Paracas et le parc national du meme nom. Une zone terriblement aride aux collines desertiques de couleur beige entourees de mer, un contraste saisissant. Perches en haut d'un mirador, nous observons en silence les flamands roses au bord du rivage, suivi d'une interessante explication sur les animaux du parc, le climat du Perou... Une promenade sur une plage de sable rouge, proche d'un cimetiere naturel d'oiseaux ou nous decouvrons quelques squelettes de pelicans, tortues et autres... puis un succulent repas de poissons dans un village de pecheurs blotti dans une jolie anse, le desert tout autour, pour finir par contempler la cathedrale, un rocher avancant dans la mer, qui me fait penser aux 12 apotres du sud de l'Australie... Encore une sublime journee, elles se succedent ici a un rythme effrene, sur ce continent qui m'a conquit. Je suis tres heureux, chaque jour est un delice.
Des photos de cette journee en bas a droite, comme d'habitude. Bonne journee a vous
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Le petit monde des sacs au dos
On se rencontre, quelques jours ensemble, quelques heures de bus ou d'attente dans une gare routiere, quelques mots echanges en attendant la douche ou le plat au restaurant. On se croise, on se recroise, on se rattrappe, dans une ville ou dans une autre, nous suivons le meme trajet un peu decale. Nous formons un petit groupe depuis quelques jours. Nous ne voyageons pas ensemble, chacun etant libre, mais nous nous retrouvons avec plaisir souvent par hasard.
De Mercedes la madrilene extravertie au rythme de voyage soutenu, voulant profiter un maximum de son mois au Perou, qui corrige sans cesse notre pietre accent, a Dimitri le russe de Saint-Petersbourg, jeune apprenti biologiste et archeologue en herbe, qui passionne deguise en Indiana Jones, ramasse tout ce qu'il trouve et va rentrer en Russie avec quelques kilos de coquillages, cailloux, squelettes d'oiseaux...
De Elwynn et Gavin, 2 australiens quinquagenaires tres, tres sympathiques, qui ont decide de tout plaquer et de faire un tour du monde en 5 mois, laissant enfants seuls a Alice Springs, a Carole et Christian, un adorable couple suisse eux aussi a tourner autour de la planete dans un sens contraire par rapport a moi.
Sans oublier la tres gentille Alexandra, une jeune tcheque qui du haut de son 1,80 metres et ses cheveux blonds se fait remarquer au milieu de tous ces petits peruviens a la peau mate et les cheveux noirs.
Nous mixons notre dialecte anglospanofrancais avec gestes et dessins. Je ne suis jamais seul, c'est tres agreable mais aussi parfois pesant, mais qu'il est bon aussi de se reposer sur quelqu'un pour organiser une visite, une excursion. Nous echangeons les memes opinions, la meme vision du voyage. Bienvenu dans le club des backpackers a Danka, qui vient de quitter la Belgique pour son premier grand voyage au Laos et au Cambodge... A qui le tour ?
04:21 Publié dans Perou | Lien permanent | Envoyer cette note