08 janvier 2007

Dernier tango

Dernier point sur la carte, derniere ville de mon itineraire, pas un point final mais une continuite, c'est a Buenos Aires que je me delecte de mes premiers et derniers jours d'ete, les derniers jours de ce reve, avant de rejoindre Paris et l'hiver.
Les jambes jouent comme des aiguilles a tricoter, passant d'un cote a l'autre, de petits pas precis en glissades ecartees, tournant sur le talon ou la pointe du pied. 2 jambes, collant fonce, jupe echancree, 2 autres pantalon noir ajuste. Le spectacle d'un couple dansant rue Florida ou dans un cabaret. La meme passion, la meme synchro d'un couple parfait n'en formant qu'un, pour le plaisir des touristes ou des habitues. Buenos Aires, ville vivant aux rythmes du tango, ces representations, la musique sortant des fenetres entre-ouvertes, des echopes, partout presente. La Boca et San Telmo sont leur refuge, maisons colorees, ghetto pour touristes, places ombragees, repere des atistes et des artisans.
Les derniers jours en apotheose. Le soir du 31, plaza Dorrego, pour poursuivre la nuit au bord d'une darse, incursion dans une fete organisee, tenue d'ete, la lune presque pleine en temoin. Premier janvier, 40 degres, l'ombre agreable des arbres d'un parc au milieu des portenos en dilettante, me voici conquis par la ville.
Derniere soiree, dernieres minutes a l'aeroport, le coeur serre, je savoure ces derniers instants, sachant que ce ne sont pas les derniers, mais le debut d'un autre voyage... Merci Buenos Aires pour ce dernier cadeau.

02 janvier 2007

extraordinaire

Pour repondre a de nombreux mails recus.

Il n'y a rien de bien extraordinaire a faire ce que j'ai fait, ce qui est extraordinaire, c'est que j'ai eu le privilege que l'on m'ai ouvert les yeux lorsque j'etais jeune.

Perito Moreno

"Et combien ca pese de tonnes ?" me demande Cathy. Un petit calcul grossier s'improvise sur le sol caillouteux, sachant qu'il fait 14 kilometres de long, 4 kilometres de large pour une hauteur de 50 metres... je vous laisse deviner. Ce qui est sur c'est que ca en fait des glacons dans le pastis !

Deja a quelques kilometres il etait impressionnant en n'en voyant que la moitie au bord du lago Argentino. Mais arrive en haut d'un promontoire, c'est un monstre de glace que nous decouvrons tout juste a 200 metres. Une force de la nature, epoustouflante de grandeur et de puissance. Une falaise blanche verticale tombant dans le lac, aux reflets bleu-vert pales le rendant encore plus irreel. Sa surface crevasee a l'extreme le transformant dans notre notre imaginaire en une meringue geante.

Nous y sommes restes 9 heures devant , a le contempler, admirer ses couleurs evoluer suivant l'orientation du soleil et l'ombre des nuages. Esperer que chaque coup de tonnerre fasse plonger dans l'eau un morceau encore plus gros de glace, quelques blocs ou un pan entier de falaise tombant, faisant evoluer sans cesse sa geometrie. Ces 14 kilometres avancent de 2 metres par jour, autant de glace chutant dans le lac.

Le dernier "bang" pour cloturer cette journee, 24 decembre oblige, sera le champagne ouvert par Jerome devant ce magnifique cadeau de noel, le Perito Moreno. A defaut d'hiver cette annee, nous avons la glace.

27 décembre 2006

Torres del Paine

Le glacier Grey est tout proche, a quelques centaines de metres, il annonce la fin de la premiere journee apres 4 heures de marche. Des growlers aux formes animalesques flottent devant la tente plantee dans un bois, a l'abri du vent et des ondees passageres. Je marche sur les galets, plonge la main dans l'eau gelee pour saisir un morceau de cette glace, la faire fondre dans la gamelle, pour obtenir l'eau du diner. Ce soir la soupe lyophilisee aura un gout de glacier.... pas commun !

5 jours a marcher dans un ecrin naturel. Et moi qui essaie de vous decrire ce qui est indescriptible. Je ne peux pretendre trouver les mots justes car comment vous faire partager ces paysages qui se vivent avec les yeux et le coeur. Quelques photos peut-etre et encore... iota de la realite. Il faut y etre pour rester bouche bee, le souffle coupe devant les grandioses panoramas qu'offre le parc naturel du Torres del Paine.

Le glacier Grey qui apres des kilometres contraint entre les montagnes se libere au bout du lago Grey, en une haute muraille bleue-verte laissant s'echapper quelques morceaux flottants au gres du vent. Des sentiers courant parmis une vegetation fleurie aux derniers jours du printemps, eclatant en rouge, jaune, mauve intenses sur tapis vert et brun. Sauter de pierre en pierre pour franchir un torrent cree par la fonte des neiges, se pencher pour remplir la gourde d'eau fraiche et pure. Remonter la vallee Frances en longeant un glacier du meme nom qui explose regulierement en un bruit de tonnerre provoquant en altitude une coulee de blocs de glace sur les parois de la montagne, pour deboucher au milieu d'un cirque de sommets enneiges. Quelques flocons de neige, un vent violent, une eclaircie, un soleil eclatant, une averse sporadique, mieux que la Bretagne, ici les saisons peuvent s'enchainer en 1 heure, aucun meteorologue ne se risquerait a faire des previsions.

Le soir du penultieme jour, la meme question rapproche les randonneurs qui se croisent sur le sentier, "l'avez-vous vu ?". Le clou du spectacle, le nom du parc se merite si le temps changeant nous gate d'une eclaircie apres 45 minutes a gravir des rochers accumules par les eboulis. Le ciel restera legerement couvert me permettant tout de meme d'admirer les silhouettes des celebres tours du Paine au pied d'un lac d'altitude, 3 colonnes de roches s'elevant dans le ciel. Descente, pour la derniere nuit sous la tente au bord d'un ruisseau glougloutant entre les galets et branchages morts, revant d'un vrai lit .... chaud et sec, conquit. Avec deja l'envie d'y revenir pour y passer plus de temps. Des photos a droite.

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13 décembre 2006

El Chalten

Reveille a 5 heures du matin par une envie toute naturelle,  je serais l'un des seuls a profiter de ce rare spectacle.

Quelques jours avant d'arriver a El Chalten, on m'avait prevenu que le ciel y etait couvert depuis des jours et semaines, une habitude en cette saison et meme en s'y approchant on ne pouvait l'apercevoir. Effectivemenet en y arrivant... rien. Juste quelques collines proches, un vent violent deroulant un interminable voile nuageux, tout en faisant ployer vers l'avant les quelques randonneurs obstines. Je me console vite en regardant les cartes postales des rares boutiques en esperant sans trop y croire a un lendemain meilleur.

5 heures, je sors du dortoir pour descendre a l'etage inferieur, machinalement je souleve le rideau de la salle a manger commune. 2 dents oranges sur ciel bleu sature pointent au dessus d'une colline juste devant moi. Spectacle rare du Fitz Roy et de son voisin le Poincenot tout juste eclaires par les premiers rayons solaires. Je retourne au dortoir en catimini pour ne pas reveiller mes voisins de chambree, saisir mon appareil photo et immortaliser cette apparition. En me levant quelques courtes heures plus tard, les nuages auront repris leur place.

La parc naturel de Los Glaciares ne se resume pas uniquement et seulement a cette montagne, c'est avant tout un extraordinaire terrain de jeu pour les trekkeurs du monde entier, venus a El Chalten, village de 600 habitants cree en 1985 occupant la frontiere avec le Chili, pour profiter d'une nature toute patagonienne et admirablement preservee. Des circuits de marche, dans un exceptionnel massif montagneux, courant parmis une vegetation forgee par l'inhospitalite de la region, bordant et enjambant des rivieres sur lit de galets, jouant avec l'extreme irregularite du terrain, pour atteindre lagunes d'altitude emeraudes emprisonnees par des parois rocheuses et enneigees, glaciers glissant des quebradas pour s'ecrouler dans des lacs, camps de bases d'expeditions andines... Des journees entieres a marcher, picnic dans le sac a dos, deballe a l'ecart des entiers pour etre le plus possible en osmose avec la nature. Le tout baigne d'une meteo execrable, ciel gris tres bas, balaye de violentes bourrasques de vent transformant chaque goutte de pluie en un cinglant projectile. Mais le bonheur d'etre la transforme chaque pas a lutter conter les elements en un profond plaisir.

les 3 premiers jours, ce sommet mythique, apres ce clin d'oeil matinal et inattendu, restera invisible. Ce n'est que le dernier jour pour moi ici, apres une matinee a l'abri, que le ciel s'ouvrira laissant le bleu dominer le gris, aider par un precieux vent d'altitude, devoilant de nouveau le Fitz Roy, drape de quelques cheveux nuageux. La promenade sera courte pour aller l'apres-midi au mirador du Cerro Torre ou je resterais quelques heures avec Uli, une allemande rencontree la veille, pour simplement contempler un peu a l'ecart du sentier, la chaine montagneuse s'etendant devant nous. Avant que le froid apporte par le coucher du soleil, nous oblige a rebrousser chemin.

Me voici a El Calafate, courte escale en chemin pour retrouver Cathy et Jerome rencontre en Inde, eux aussi sur un tour du monde.  Demain je descends vers Puerto Natales plus au sud au Chili pour faire un trek de 5, 6 jours en autonomie complete a El Tores Del Paine, une des plus belle region d'Amerique du Sud...

05 décembre 2006

Tierra del Fuego

Format a l'italienne, couverture allechante, une vue aerienne sur le canal de Beagle, le titre "Tierra del Fuego", m'invite a le parcourir. Les panoramiques se succedent. Page 4, Ushuaia s'etendant de toutes ces maisons colorees entre l'eau et la fin de la cordillere des Andes, enneigees des restes hivernaux. Page 6, le Glaciar Martial, langue blanche comblant une vallee, vegetation rase, ciel de coton masquant les sommets. Page 8, la foret du parc national, s'ouvrant sur une clairiere a l'herbe rase parsemee de paquerettes jaunes, un tronc d'arbre mort, l'eau du canal cristalline se finissant sur une barriere montagneuse blanche. Chaque page me devoilant les plus beaux paysages de cette region. C'est que je ne le feuillette pas, je marche dedans. Depuis que j'ai survole cette terre avant d'y atterrir, je me promene comme dans un livre. Chaque paysage que je decouvre est un joyau de la nature. Photos surnaturelles de beaute que je vis reellement et pleinement de mes 4 sens.

En visualisant un planispjere, je me rends compte que je suis au bout de la pointe en bas a gauche, au sud du sud de l'Amerique du sud. 54'... plus bas, l'Antartique. Les cinquantiemes mugissants comme pour honorer leur nom, balayent la region d'un vent violent, soulevant nuages de poussiere et ecume sur le canal reliant Atlantique et Pacifique, courbant les arbres, obligeant les oiseaux de mer a deployer toute leur envergure, a voler au ras des vagues pour pouvoir progresser. Les cartes maritimes temoignent de l'inhospitalite des lieux, par la multitude des naufrages noircissants le bord des cotes et le large du mythique cap Horn, dus aux conditions meteorologiques et a la decoupe cotiere hasardeuse. Le soleil est aussi de la partie pour me rappeler que je suis bien la, en laissant peu de place au vrai noir de la nuit. Il se couche en fin de soiree, masque par les montagnes, laissant le ciel clair pendant de nombreuses heures. C'est vers 3 heures que la voute sans etoile s'eclaircit lentement vers l'est, devoilant pendant 2 heures toute la palette de bleu, parsemee de sihouettes sombres devenant au fils des minutes de reels nuages passant du rose au orange. Ce n'est que vers 5 heures apres une lente explosion de feu que le soleil sort de l'horizon pour venir rechauffer la ville.

Mon escale a Ushuaia, plus que de profiter de la ville la plus austral du monde, au peu d'interet, m'offre une succession de randonnees, glacier, parc naturel, bord du canal de Beagle... de belles rencontres aussi... Me semaine se termine, demain mercredi, le bus m'emmenera a El Calafate, puis jeudi a El Chalten, proche du fameux Fitz Roy, d'autres randonnees en perspective.

30 novembre 2006

Rapa Nui

Un seul a retrouve la vue, malgre une cessite multi centenaire, apres une delicate operation autorisee par les anciens. Les autres sont restes aveugles de naissance ou de vieillesse. Mais le pauvre Ahu Ko Te Riku fait dos a la mer et ne peut pas contempler la beaute du Pacifique venant se fracasser sur la roche volcanique noire. Il est le premier a m'avoir souhaite la bienvenue sur l'ile. Un detour au milieu du Pacifique dans l'un des endroits les plus isole au monde.

La route bitumee encore humide d'une averse tropicale nocturne, serpente au bord des falaises. Il est tres tot ce matin, le soleil venant a peine d'embraser le ciel. A droite le Pacifique d'un bleu cristallin s'etendant sur l'orient. A gauche, l'ile verte vallonnee de volcans au dessus de laquelle campe un residu de nuage noir, formant un sublime arc multicolore dans le ciel. Un cadeau rien que pour moi, je suis le seul au monde, encore personne a cette heure. Je marche calmement pour profiter, ne pas deranger la nature, pour ne pas brusquer les chevaux sauvages qui broutent sur le bas cote, un regard et ils s'eloignent doucement en quelques pas, un peu craintifs les poulains colles a leur mere cherchent encore leur equilibre. Un pick-up approche derriere moi, le premier de la journee a troubler cet equilibre. Je me range pour le laisser passer, il stoppe a mes cotes. Les occupants dans une gentillesse toute locale proposent de m'avancer un peu. Me voici a l'arriere, les cheveux au vent, entre filets de peche et appats pour la journee, je m'accroche pour parer leur conduite instinctive. ils partent pecher atun et krakra, moi rendre visite aux "nouveaux nes" sur le volcan Rano Raraku.

Je les trouve la, immobiles depuis des siecles, des centaines abandonnes par leurs nourrices, certains en pleine gestation, encore incrustes dans le roc en position horizontale. D'autres plantes sur les flancs du volcan parmis la vegetation, ayant a peine commence leur avancee vers leur Ahu final en bord d'ocean. Je passe de l'un a l'autre, les observant dans leurs moindres details, tournant autour, les prenant en photo... eux restant impassibles. Je continu a grimper pour que ce volcan m'offre la plus belle des vues de l'ile (vous aviez bien raison Cathy et Jerome...) un panoramique sur 360 degres. Le cratere, un cercle parfait a mes pieds, formant un lac bleu, ceinture de terre ocre et d'herbes folles. Tout autour le reste de l'ile, en elegantes courbes, baignant au milieu du pacifique. Je me retourne, juste en bas, minuscule a cette altitude, l'Ahu Tongariri et ses 15 moais alignes en bord d'ecume, faisant face a leur lieu de naissance. Lorsque qu'une genereuse trouee dans les nuages venant illuminer le paysage.... le spectacle est parfait. Je reste plante la, ne pouvant quitter ce mirador jusqu'au milieu de la matinee. Les groupes de touristes arrivent, grimpent a leur tour, me volant mon egoiste privilege. Il est temps pour moi de redescendrre heureux d'avoir ete le seul au monde pendant quelques heures au milieu de ces "bebes" moais.

Ma semaine aura ete fantastique, riche, remplie d'emotions. Un jour autour du volcan Rano Kau, lieu meme du rituel seculaire de l'homme oiseau, ou le representant de chaque tribu devait rapporter sur l'ile le premier oeuf pondu sur un motu voisin. Puis la cote ouest, est et nord, ponctuees d'anciennes habitations, de lieux de ceremonies, de moias face contre terre, le plus souvent brises en deux, leur chapeau en roche rouge ayant roule plus loin.

L'autostop aura ete mon moyen de predilection de me deplacer. Formidable facilite pour rencontrer les iliens, discuter, les questionner, partager quelques instants, apprecier leur sympathie. La presence de mon pere il y a 41 ans aura suscite leur curiosite. Un aeroport, beaucoup de voitures en plus, quelques routes goudronees, des antennes ca et la, des equipes archeologiques passees par la pour relever plusieurs moais... En dehors l'ile a du rester la meme, un paradis melant une magnifique nature a un musee a ciel ouvert.

J'y suis arrive en me disant que c'etait la premiere et la derniere fois que j'y venais du a son eloignement et que je devais en profiter un maximum. Conquis, les jours suivants, je ne pouvais que penser y revenir.

Apres avoir ete accueilli tel un ami de longue date par une famille que je ne connaissais pas a Santiago pour une soiree de transit, me voici aujourd'hui a Ushuaia, un grand ecart en 24 heures entre le point le plus a l'ouest et la ville la plus au sud de mon tour du monde.

Merci aux personnes m'ayant envoye du courrier sur l'ile. Avec ce plaisir non dissimule de l'ouvrir au pied des moais. Des photos bientot... peut-etre ou peut-etre pas, si j'ai l'envie, et le courage surtout, de faire le tri.

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20 novembre 2006

Ile de Paques - 1965

Voila ce qu'ecrivais mon père sur son escale a l'ile de Paques il y a 41 ans... Demain je pars verifier tout ca, une semaine sur une des iles les plus isolee du monde.

 

Mysterieuse Ile de Paques - Rapa Nui (La grande ile)

Notre escale fut tres agreable, nous etions des priviligies a l'epoque, le tourisme n'existait pas dans ce lieu si isole et si lointain. Nous y sommes restes 8 jours du 03 decembre 1965 au 11 decembre 1965. Nous etions mouilles en rade foraine a quelques encablures de la cote. Notre but premier est de ravitailler l'ile en farine. La population etait privee de pain depuis 6 mois. Cette ile depend du Chili et se situe a 4000 Km de toute terre. Notre cargaison provient de Valparaiso, notre escale precedente. Le gros village de l'ile s'appelle Hanga Roa et le volcan eteint Rano Ravaku, le cratere Te Pito Te Henua (Le nombril du monde). L'ile est peu boisee, seulement des bananiers et des hibiscus. Le moyen de locomotion est le cheval sauvage ou semi-sauvage. Le troc etait le moyen d'echange entre nous et les  habitants, par exemple une savonnette contre une statuelle en pierre volcanique. L'argent  n'avait pas cours. Absence de timbre egalement, c'est cachet qui fait office de timbre. Des qu'on s'eloigne d'Hanga Roa, on decouvre les premieres statues gigantesque de moais, elles si nombreuses que tu te regaleras Tanguy. Je me souviens de dunes libres un peu partout et accessibles entourees d'une mer bleue a l'image des iles bretonnes. Nous galopions a pied ou a cheval dans toute l'ile, courions dans les dunes sans interdiction. Nous grimpions sur les moais. La propriete individuelle ne devait pas exister, pas de chien mechant, pas de barriere, une ile en liberte totale. Pas d'aeroport, pas de port, une vieille baleiniere pour transporter leur farine. L'ile connut des escales de navires peruviens de traite, qui recrutaient des travailleurs pour leurs iles a guano. En 1862, on embarqua de force un millier de pascuans et parmi eux, les principaux pretres et chefs. Les quelques survivants qu'on libera rapporterent le variole qui decima la population. Une population est d'origine polynesienne. Le premier voyageur occidental a decouvrir l'ile est le hollandais Jacob Roggeveenle jour de Paques en 1772 et lui donna ce nom. Le navigateur Cook y a fait escale en 1774. Pierre Loti a ecrit a propos des moais "Des dieux tombes, enfouis jusqu'aux narines, et qui semblent renifler la terre". On dit que le plus haut moai mesure 20 m de haut mais je trouve cette hauteur exagere. A l'epoque l'ile comptait une escale du navire chaque semestre pour ravitailler la population. C'etait parfois des navires de passage. A l'issue de cette escale nous poursuivons notre route vers les Iles Gambiers.

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Un dimanche a Santiago

Sur certaines tables, les coups defilent a une vitesse essouflante au point que je n'arrive pas a suivre le jeu contre le chronometre. Sur d'autres, a l'oppose, les joueurs prennent le temps de reflechir, d'elaborer leur tactique pour reduire a zero l'adversaire. Tous les ages sont representes avec tous la meme passion pour les echecs. A l'ombre de ce kiosque quelques heures plus tot, c'etait au tour d'une fanfare militaire de donner un concert pour le depart a la retraite du chef d'orchestre, discours en prime et distributions de fleurs. Tout juste deranges par tous ces groupes qui a grand renfort de micros et de puissants hauts-parleurs, prechent la bonne nouvelle a l'ombre salutaire des arbres, a bon coup de "alleluia", "dios es mi guia"... certains plus fanatiques que d'autres, limite en transes. Chacun prenant la parole a tour de role pour raconter son experience, sa vie avec dieu. La Plaza de Armas est un concentre en ce jour de vie dominicale. Alors que dans les rues du centre, c'est le grand calme, une ville morte agreable pour flaner. Les musees sont gratuits, j'en profite. Grace a cette journee, Santiago remonte dans mon estime. De l'autre cote de la place, devant la cathedrale, c'est un sapin de Noel geant qui est en cours d'assemblage. Une armature haute metallique recouverte de fausses epines. Les decorations embellissent les vitrines, cela ne me fait pas realiser que dans presque un mois, les chaussures seront au pied du sapin. Ici c'est le printemps, il fait une chaleur ecrasante et les fontaines sont prises d'assaut. Pour moi Noel c'est plutot bonnet et soiree autour de la cheminee. Mais qu'il etait bon hier soir, sur la place du Barrio Brasil, de rester ecrire jusque tres tard en chemisette, entoure par tous ces chiliens en profitant aussi... Merci a tous ceux qui ont pense a moi en ce 19 novembre... Des photos de cette journee la a droite.

Demain pour moi c'est Paques en Novembre... Decidement dans l'hemisphere sud tout est a l'envers...

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15 novembre 2006

Lobos marinos

Imaginez une enorme limasse avec une tete de chien ou encore un tres gros chien sans patte, ni queue. Le plus simple est de les appeler par leur vrai nom, les lions de mer ressemblent tant a cette description lorsqu'ils sont avachis sur le quai ici a Valdivia. Ce n'est plus les elegantes nages observees a Chonchi ! La ville est pourtant a 15 kilometres du Pacifique, sur le rio Calle Calle. Ce sont 32 molosses qui campent sur les berges. Certains allonges sur le ciment ou l'herbe, jouent les stars devant les promeneurs intrigues, font les beaux le museau en l'air, se grattant vigoureusement l'echine. D'autres dorment couches de tout leur long, baillants, rugissants des que quelqu'un s'en approche de trop pres. Les vieux males sont contre leur conquete, gestes de tendresse entre eux, de defense violente lorsqu'un autre male montre des signes d'interet. Je m'assois a cote et reste les regarder, rigoler de leur comportement, de leur mimiques tellement proches parfois des humains, avec ce cote attendrissant, a vouloir les carresser, mais "Ne vous en approchez pas" dit le panneau, "ce sont des animaux sauvages". Ils ne sont pas tres mobiles a cause de leur deplacement lourds et laborieux. Leur presence ici s'explique par le marche aux poissons au bord de l'eau. Ils ont flaire le bon coup en s'installant ici car tous les matins derriere les etales, c'est le nettoyage et le decoupage des poissons frais. Et ce qu'il y a a jeter va dans la riviere. C'est a qui attrapera en vol la precieuse nourriture entre lions de mer, pelicans, cormorans, mouettes... La lutte est apre, feroce. Avantage cormorans ce matin, plus agiles que 300 kilogrammes de graisse... Qu'en sera t'il demain ? Je compte les points. Photos a droite.

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